DomusVi : un groupe qui fait du cadre de vie un critère de qualité
De 1983 à aujourd'hui : un réseau construit autour du service à la personne âgée
Créé en 1983 par Yves Journel, DomusVi s'est développé jusqu'à devenir le deuxième groupe français d'EHPAD en nombre de lits, avec environ 260 établissements et 21 000 lits en France fin 2024, auxquels s'ajoutent près de 190 établissements à l'étranger. Le groupe intervient sur trois marchés : l'hébergement médicalisé, les résidences services seniors et l'aide à domicile.
Cette taille change la nature des décisions. Quand un groupe teste un dispositif dans une résidence, il ne cherche pas seulement un résultat local : il évalue ce qui pourra être déployé sur un réseau entier, avec des équipes, des budgets et des contraintes techniques homogènes.
Trois axes de qualité : respect, excellence des services, professionnalisme des équipes
La démarche qualité de DomusVi s'articule autour du respect des personnes âgées, de l'excellence des services proposés et du professionnalisme des équipes, portés par quatre valeurs : la confiance, l'empathie, l'expertise et l'enthousiasme. L'objectif affiché est de préserver l'autonomie des résidents grâce à un cadre sécurisé et un accompagnement médical continu.
Cela se traduit très concrètement dans la vie quotidienne des établissements : animations ludiques et thérapeutiques comme les ateliers mémoire, la lecture ou la revue de presse, lutte contre la dénutrition avec des repas préparés par un chef cuisinier et son équipe, salons privatifs permettant de partager un moment avec les familles.
Depuis mars 2022, ces engagements sont évalués par le référentiel national de la Haute Autorité de Santé pour les établissements sociaux et médico-sociaux : 157 critères répartis en trois chapitres, dont un critère 3.2.2 portant explicitement sur la garantie d'un cadre de vie respectueux des droits fondamentaux des personnes accompagnées. L'environnement sonore d'une maison de retraite fait partie de ce cadre de vie, au même titre que la lumière, le mobilier ou la qualité des repas.

Les Terrasses de l'Étoile : 90 lits, Alzheimer, et deux ans d'expérimentation
Du prototype à l'usage quotidien : comment le dispositif a été co-construit
Le travail entre DomusVi et Tshoko n'a pas commencé par un déploiement, mais par un test grandeur réelle dans une résidence spécialisée. La Résidence Les Terrasses de l'Étoile accueille 90 résidents et s'est spécialisée dans la maladie d'Alzheimer et les troubles cognitifs apparentés. C'est un environnement exigeant : les troubles du comportement y sont fréquents, la communication verbale souvent altérée, et chaque intervention doit être adaptée à des profils très différents.
Faustine Moureu, Directrice de l'établissement, résume la démarche : « Nous avons démarré il y a deux ans une expérimentation sur la musicothérapie, et nous avons fait évoluer plusieurs prototypes pour voir comment lier Tshoko et l'utilisation en EHPAD. »
Le mot « prototypes » est important. Il ne s'agissait pas d'installer des enceintes et de lancer une radio, mais d'ajuster progressivement le dispositif aux usages réels : quels espaces sonoriser, à quel volume, à quels moments, avec quel répertoire, et surtout avec quel niveau de contrôle laissé aux équipes sur le terrain.
Ce que dit la direction de l'établissement
Deux ans plus tard, le retour de la direction porte autant sur le service que sur la dynamique de travail engagée. Faustine Moureu évoque la fierté de « lier nos compétences au quotidien et faire avancer un petit peu la technologie à ce niveau-là, car il y a une vraie demande et un vrai intérêt au quotidien ».
Cette lecture rejoint celle du siège. Luc Samarcq, Directeur de l'Innovation chez DomusVi, le formule ainsi : « Les bienfaits de la musique sont sous-estimés et pourtant la musique en EHPAD peut réellement avoir un impact positif à la fois sur les résidents et le personnel soignant. Elle nous aide à créer un cadre de vie harmonieux pour tous. »

Sonorisation d'ambiance ou musicothérapie ? Deux métiers distincts, un même établissement
La musicothérapie active et réceptive, expliquée par Albane Samoilikoff
C'est la distinction la plus mal comprise du sujet, et celle qui conditionne la crédibilité d'un projet musical en établissement. Albane Samoilikoff, musicothérapeute aux Terrasses de l'Étoile, en donne une définition claire : « On pourrait définir la musicothérapie comme un processus de création qui met en jeu l'expression artistique par le biais d'un média : ici, le média, c'est la musique, le sonore. Il y a la musicothérapie active, qui repose sur les productions sonores du sujet, et la musicothérapie réceptive, où l'on est plutôt sur l'écoute musicale, sur les temps de relaxation. »
La musicothérapie est donc une pratique professionnelle encadrée, conduite par une personne formée, avec des objectifs définis par résident. Elle mobilise des instruments, le chant, l'improvisation vocale, l'écoute dirigée. Elle ne se confond ni avec une animation musicale, ni avec un fond sonore.
Le rôle de Tshoko : la programmation musicale, pas la pratique thérapeutique
Tshoko n'exerce pas la musicothérapie et ne s'y substitue pas. Le métier de l'agence est la sonorisation professionnelle et la programmation musicale : constituer des playlists adaptées à un lieu, à un public et à un moment, les diffuser dans les bons espaces, et permettre aux équipes de piloter l'ambiance sans y consacrer de temps.
Aux Terrasses de l'Étoile, les deux se combinent. Albane Samoilikoff décrit cet usage : « On propose des groupes en co-animation avec l'équipe paramédicale, comme l'expression vocale ou l'éveil sensoriel, où on utilise justement les playlists Tshoko. Il y a aussi les séances individuelles. »
Le partage des rôles est net. L'établissement conduit les pratiques thérapeutiques et les activités ; la solution technique fournit le répertoire, la diffusion et la souplesse d'usage. Aline, psychomotricienne dans l'établissement, travaille sur le même principe : ses séances se font systématiquement en musique, en relaxation comme en atelier danse-thérapie.

Les bénéfices observés sur les résidents
Mémoire et parole : quand un répertoire des années 40 fait revenir les mots
C'est l'effet le plus frappant en unité Alzheimer, et celui que les équipes décrivent le plus spontanément. La mémoire musicale résiste souvent plus longtemps que la mémoire des faits ou des visages, ce qui fait des chansons de jeunesse un point d'accroche quand le langage se dérobe.
Emmanuelle, art-thérapeute dans l'établissement, le décrit sans détour : « La plupart du temps, on essaie d'accrocher le résident par la musique : les années 60, les années 20, les années 40. Ça rappelle des souvenirs, ça met une ambiance joviale. Très souvent, on voit des résidents qui ne parlent plus beaucoup, presque plus, qui grâce à la musique vont sourire, fredonner, retrouver des paroles. C'est très agréable de les voir comme ça. »
Un sourire, un fredonnement, une parole retrouvée. Ces signes ne se mesurent pas en euros, mais ils constituent exactement ce que les familles cherchent quand elles choisissent un établissement, et ce que le référentiel qualité désigne par personnalisation de l'accompagnement.
Ce que dit la recherche : anxiété, humeur, troubles du comportement
Les observations de terrain rejoignent un corpus scientifique désormais fourni, principalement construit autour d'interventions de musicothérapie.
La revue Cochrane consacrée aux interventions musicales chez les personnes atteintes de démence, mise à jour en 2018 puis en 2025, conclut à une réduction significative des symptômes dépressifs, avec une taille d'effet standardisée de 0,27 sur 11 études et 503 participants, et à une réduction des troubles du comportement globaux sur 10 études et 442 participants. Une méta-analyse publiée en 2023, portant sur 13 essais contrôlés randomisés et 827 participants, mesure une réduction marquée de l'anxiété, particulièrement chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
Sur la question sensible des traitements, une étude conduite en unité Alzheimer à l'hôpital Paul-Brousse auprès de 40 patients d'un âge moyen de 82,9 ans, avec trois séances hebdomadaires pendant six mois, a mesuré une baisse très significative de la consommation de benzodiazépines. Les travaux de Stéphane Guétin au CHRU de Montpellier ont pour leur part montré des améliorations significatives de l'anxiété et de l'humeur entre la quatrième et la seizième semaine.
La Fondation Médéric Alzheimer classe d'ailleurs la musicothérapie parmi les interventions non médicamenteuses documentées dans ses fiches pratiques destinées aux professionnels.
Ce que la musique ne fait pas : les limites à connaître
Annoncer moins que ce qui est prouvé reste la meilleure façon d'être crédible auprès d'une direction d'établissement.
Sur l'agitation et l'agressivité, les résultats divergent : la revue Cochrane ne retrouve pas d'effet statistiquement significatif sur 14 études, tandis qu'une méta-analyse menée en soins de longue durée en identifie un. Un essai randomisé multicentrique conduit à Toulouse n'a mesuré aucune réduction significative de la prescription de neuroleptiques par rapport au groupe contrôle.
Autrement dit, la musique améliore mesurablement l'humeur, l'anxiété et la communication. Elle ne remplace pas un traitement, ne se substitue pas à un projet de soin et ne produit rien mécaniquement : tout dépend de la façon dont elle est utilisée par les équipes.

Un bénéfice souvent oublié : l'environnement de travail des équipes
Du bruit subi au son choisi
Un EHPAD n'est jamais silencieux. Sonneries d'appel, chariots, alarmes, télévisions individuelles, conversations : le niveau sonore moyen en journée dans les établissements de santé est passé de 57 décibels dans les années 1960 à plus de 70 décibels, alors que l'Organisation mondiale de la santé recommande depuis 2000 de ne pas dépasser 35 décibels. Une étude relayée par l'Acoustical Society of America estime qu'un patient entend en moyenne 135 alarmes par jour, soit une toutes les onze minutes.
Le sujet n'est donc pas d'ajouter du son à un lieu calme, mais de remplacer un bruit subi par un environnement sonore choisi. C'est un levier direct de qualité de vie au travail, dans un secteur où la DREES documente des conditions de travail vécues comme difficiles par des personnels très engagés.
Les moments-clés de la journée : accueil, repas, activités, fin d'après-midi
Emmanuelle décrit ce que change une arrivée en musique, y compris pour celles et ceux qui travaillent là : « Quand on arrive dans la résidence, je trouve ça agréable d'arriver avec un fond de musique comme ça. On a souvent la perception des maisons de retraite comme un lieu pas très agréable, où on n'a pas forcément envie de se rendre. Et puis il y a des fois où on a envie de passer d'une humeur à une autre : on met un peu de musique dont le sens des textes colle à l'émotion du matin, à l'humeur du moment. C'est bien qu'un EHPAD soit doté d'un tel service. »
Cette remarque sur la perception des maisons de retraite touche un enjeu réel d'attractivité. Dans un contexte où le taux d'occupation des établissements des cinq grands groupes privés s'établissait à 89 % en 2022, l'impression laissée par les premières minutes d'une visite pèse dans la décision d'une famille.
Les équipes identifient ensuite des moments à enjeu : le repas, où l'ambiance sonore influence la durée passée à table, les activités de groupe, les soins individuels, et la fin d'après-midi, souvent marquée par une recrudescence de l'agitation.

Adapter l'ambiance à chaque espace et chaque moment
Parties communes, salles d'activités, animations : une programmation par zone
Un établissement de 90 lits n'a pas un seul besoin sonore, mais plusieurs, parfois contradictoires au même instant. Le hall d'accueil, le restaurant, les salons, la salle d'animation et les espaces de soin appellent des ambiances différentes.
La solution Tshoko permet de diffuser dans les espaces souhaités et d'adapter la programmation selon le moment de la journée et sa fonction : fond sonore discret, accompagnement d'un atelier, support d'une animation collective. Les équipes conservent la main sans avoir à constituer elles-mêmes les playlists, ce qui évite l'écueil classique de la radio commerciale unique diffusée du matin au soir, coupures publicitaires comprises.
Cette logique de programmation par usage se retrouve dans tous les secteurs accompagnés par l'agence, du retail à l'hôtellerie, mais elle prend en EHPAD une dimension particulière : le lieu est un domicile, pas un point de vente.
Jukebox connecté : les familles et les visiteurs entrent dans la boucle
Aux animations musicales, concerts et ateliers d'instruments s'ajoute une option qui déplace le curseur : le jukebox connecté permet aux résidents, aux familles et aux visiteurs de choisir eux-mêmes un titre. Le geste est simple, mais il transforme un service reçu en participation active, et donne aux proches un rôle dans un moment partagé.
Sylvie Aduriz, Directrice de la Résidence Océane chez DomusVi, décrit un effet du même ordre avec le matériel de diffusion mobile : « L'enceinte Prodige Pro a su créer une atmosphère apaisante et joyeuse, favorisant des moments de détente et de partage. Plusieurs thérapeutes ont également intégré l'enceinte dans leurs activités quotidiennes, que ce soit pour des séances de relaxation ou pour accompagner des activités collectives. »

Musique en EHPAD et droits d'auteur : ce qu'il faut savoir
Diffuser de la musique dans les parties communes, la salle de restauration ou les espaces d'animation d'un établissement constitue une diffusion publique au sens du Code de la propriété intellectuelle. Elle suppose donc une autorisation et le règlement de deux redevances distinctes.
La première, perçue par la Sacem, rémunère les auteurs, compositeurs et éditeurs. La seconde, la rémunération équitable due à la SPRÉ, rémunère les artistes-interprètes et les producteurs ; elle représente 65 % du montant des droits d'auteur, avec un minimum annuel de facturation qui ne peut être inférieur à 102,27 euros hors taxes par établissement.
Le montant dû dépend du nombre d'espaces sonorisés et du nombre de lits. Un établissement d'une soixantaine de lits sonorisant une salle de restauration, deux salons et des couloirs se situe généralement à quelques centaines d'euros hors taxes par an, droits Sacem et SPRÉ cumulés. Le simulateur Sacem permet d'obtenir un ordre de grandeur adapté à sa configuration.
Une précision utile : ces démarches relèvent de l'établissement. Tshoko informe, outille et oriente, mais ne réalise pas les déclarations à la place de ses clients.
Créer un environnement sonore à la hauteur de votre projet d'établissement
L'expérience menée par DomusVi aux Terrasses de l'Étoile montre qu'un dispositif musical réussi ne se résume ni à un équipement, ni à une bonne intention. Il repose sur trois conditions : une programmation adaptée aux répertoires qui parlent aux résidents, une répartition claire entre sonorisation et pratiques thérapeutiques, et des équipes qui gardent la main sur l'ambiance au quotidien.
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